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Cher(e)s ami(e)s du Tao,

Avez-vous parfois l’impression de vous sentir connecté aux puissances de l’Univers ?

À ressentir pleinement et intensément l’importance de votre place dans ce qui vous entoure,

Comme si vous étiez fondus dans son âme ?

Le Tao Te King, ouvrage de Lao-Tseu, nous répond de la plus poétique des manières :

« L’univers est une danse infinie, et chacun de nous est un mouvement dans cette danse. »

Alors, à présent, je vais vous demander d’imaginer au-dessus de vous l’immensité du ciel étoilé,

Miroir de l’âme humaine, splendide et pourtant impénétrable,

Parmi les infinies étoiles dansant au-dessus de vous, vous reconnaissez l’une de ses constellations,

La Grande Ourse.

Imposante, maîtresse du ciel, reconnaissable entre toutes.

Véritable guide spirituelle, elle traverse le ciel comme un chemin sacré.

Dans l’obscurité de la nuit, à peine teintée par une Lune nuageuse, un rituel ancien se profile.

La Vierge de Jade traversant la Grande Rivière.

Un rite Wu, chamaniste, témoin du passage du temps et de la ferveur humaine,

Un parcours initiatique qui mène ses témoins à travers des dimensions invisibles,

Et pourtant si proches.

Un voyage taoïste en quête de l’énergie primordiale du Qi.

Pour transformer sa puissance en passerelle, vers des sphères bien plus élevées.

Vous sentez sur votre peau un léger vent qui s’est levé,

Qui se faufile à travers la végétation,

Faisant danser les branches, chanter les feuilles.

Tel le vent, l’énergie primordiale du Qi vous invite à une rencontre invisible.

Qui vous permet de vous relier à l’Univers tout entier.

Tournoyant autour de l’étoile Polaire, la Grande Ourse est le symbole même de l’immuabilité,

Liée à l’Empereur Céleste, garant de l’ordre cosmique.

Marcher sous cette constellation puissante rend alors possible une harmonisation avec le mouvement de l’Univers.

Une étoile-guide, dont la trajectoire est un chemin initiatique,

Reliant le bas et le haut, la terre et le ciel, le pratiquant et l’Univers.

Grande Ourse et rites d’allures Wu : un premier pas pour le taoïsme

Inspirés des pratiques chamaniques de leurs ancêtres,

Les rites d’allure Wu se lient intimement aux secrets de l’Univers,

À sa cosmologie et à sa structure céleste,

Au sein du rituel sacré de la Grande Ourse.

Le sage et alchimiste Ge Hong nous délivre alors un enseignement riche,

Capable d’expliquer l’objectif de ces rituels,

Et de nous connecter à la sagesse de ses pratiquants.

« L’homme qui cultive le Dao peut voyager sans bouger, voir sans regarder et entendre sans écouter. »
— Ge Hong

Ainsi, chaque pas, regard et mouvement est une connexion supplémentaire avec le Grand Tout,

Une occasion d’activer les énergies environnantes,

Dans un dialogue dansé, muet, avec le cosmos.

C’est au cœur de cette pratique mystique que le carré magique Lo Shu intervient.

Ses puissantes significations spirituelles et mathématiques,

Sa perfection chiffrée et son aura tangible,

Permettent de guider l’âme, en la reliant à l’invisible.

Bien au-delà de la configuration numérique,

Le carré Lo Shu représente l’agencement des forces naturelles,

Là où chaque cycle, direction et ligne a son importance.

Un canal pour l’énergie du Qi.

«Le Qi se trouve là où il est guidé, il s’élargit là où il trouve un chemin ouvert.»
— Ge Hong

Nul besoin de lampe magique pour invoquer cette dynamique sacrée,

Force animant l’Univers, essence vitale humaine, puissance du vivant,

Le Qi ne s’invoque pas.

Il s’active par la visualisation du carré Lo Shu.

Par les rites d’allure et les mouvements sacrés,

En suivant un tracé à terre représentant ce carré magique.

Chaque pas effectué sur ce tracé mystique est un acte d’alignement énergétique,

Une intention posée, en marchant dans un ordre précis, pour harmoniser le pas du pratiquant avec le souffle de l’Univers.

La direction du tracé en lui-même permet de définir l’intention.

Guérir, protéger, purifier, voyager.

Le Ba Gua renforce cette activation.

Liu Yiming , dans son ouvrage « Le Livre de l’Alchimie Taoïste », nous explique :

« En comprenant le Ba Gua, on entre dans le flot de l’énergie universelle. Chaque trigramme est un miroir qui reflète l’âme humaine et ses relations avec l’univers. »
— Liu Yiming, Le Livre de l’Alchimie Taoïste

Huit trigrammes représentent les forces fondamentales de l’Univers.

Le Ba Gua, dans le rituel de la Grande Ourse, permet de voyager entre les mondes,

Offrant aux chamans une direction énergétique propre, capable d’ouvrir des passages,

Les aidant à harmoniser leur Qi avec celui de l’Univers.

La fusion entre chamanisme Wu et taoïsme

À l’époque où le chamanisme Wu fusionne avec le Taoïsme,

Lors de la dynastie Han,

Un tournant majeur est entamé pour la spiritualité chinoise.

La naissance d’un nouvel ésotérisme, hérité de traditions ancestrales, de rituels magiques et de coutumes chamaniques.

Les incantations, rituels de divination Wu y se forgent alors une place de choix dans les pratiques taoïstes.

L’héritage Wu se fond dans les croyances du Tao comme un flocon de neige viendrait se mouvoir dans un verre d’eau.

Différent, mais pourtant, si profondément à sa place.

Énergie brute, rituels puissants, approche pragmatique et quotidienne

Sont autant d’éléments qui sont apportés au taoïsme par les Wu.

Auparavant, le taoïsme se montrait philosophique et spontané,

Promouvait l’intuition, le non-agir, la fluidité,

L’influence Wu a permit d’apporter une ritualisation des pratiques taoïstes,

L’action sur l’énergie, dans une approche magique et pragmatique.

Alors, le taoïsme s’habitue à l’utilisation d’outils magiques,

Apprivoise ses connexions au Qi,

Se fond dans les pratiques Wu, pour traverser avec eux les dimensions spirituelles.

Précision et résultats sont au cœur de ces processus communs.

Comme le décrit si bien Maître Serge Augier, dans son ouvrage « Ma Bible du Taoïsme » :

« La force d’une pratique magique sérieuse est que le résultat d’un travail sur le monde subtil est concret. Si les résultats ne sont pas visibles, alors ce n’est pas de la magie : juste du fantasme ».
— Maître Serge Augier, Ma Bible du Taoïsme

Au-delà des croyances, les rituels chamaniques taoïstes poursuivaient alors des objectifs concrets.

C’est ainsi que les symboles, gestes et regards utilisés lors des rituels taoïstes se montrent peu à peu aussi précis que des calculs astronomiques,

Défiant le temps et les sphères.

Pour que chaque pratiquant puisse entrer en résonance avec les forces cosmiques environnantes.

Ce sont des figures emblématiques, telles que celle de Ge Hong, taoïste alchimiste de renom,

À qui nous devons l’intégration des traditions rituelles Wu au Taoïsme que nous connaissons aujourd’hui.

Ge Hong nous décrit même, dans ses écrits du Bao Pu Zi, l’utilisation de ces rituels chamaniques pour harmoniser nos énergies et développer notre spiritualité.

Ce sont ces pratiques approfondies, qui ont été exploitées au sein des sociétés secrètes taoïstes.

La Voie des Maîtres Célestes est l’une d’entre elles.

Gardiennes de ces connaissances du monde subtil, de la canalisation du Qi, et du voyage entre les dimensions.

Telle une pluie abondante et salvatrice, ces sociétés ont permis de sauvegarder ces traditions mystiques de l’oubli, de la sécheresse des pensées, et de la modernité.

Les transmettant de génération en génération, en secret, dans l’Ombre de la Grande Ourse.

Aujourd’hui, les rites Wu n’ont pas disparu.

Ils sont encore profondément ancrés dans les pratiques taoïstes modernes,

Les traditions Quanzhen ou Zhengyi en sont témoins.

Des monts sacrés taoïstes, Wudang, Qingcheng ou Huashan, sont encore le lieu de marches rituelles et de danses énergétiques.

La persistance des pratiques Wu ne fait aucun doute,

Entre talismans protecteurs, cérémonies de purification et connexions à travers les mondes.

Les enseignements Wu dans le cœur d’aujourd’hui

C’est à travers ses rituels ancestraux,

Hérités depuis la nuit des temps,

Que les chamans Wu nous ont enseigné à écouter les murmures du vent,

À se connecter aux mouvances stellaires,

Puis y puiser des enseignements venus de l’Univers.

Ces traditions nous rappellent, avec puissance,

Combien l’âme humaine est en quête permanente de connexion avec l’infini,

Afin de soigner, guérir, et harmoniser ce qui l’entoure.

Les pratiques Wu, fondues dans les rites taoïstes, nous enseignent encore aujourd’hui combien il est primordial de chercher cette connexion,

À l’eau, la terre, le feu, le métal et le bois,

Pour que nous puissions retrouver cet équilibre primordial.

Comme un phare éclairant l’obscurité apparente de l’Univers,

Ces enseignements nous offrent encore à présent les clefs pour notre propre élévation,

Tout comme les racines d’un arbre le propulsent vers la grandeur des cieux.

La phrase de Lie Zi, dans son Vrai Classique du Vide Parfait, résonne alors plus que jamais :

« Ceux qui comprennent le ciel, la terre et l’homme, peuvent appeler le vent et la pluie, et ordonner aux esprits de se rassembler. »
— Lie Zi, Vrai Classique du Vide Parfait

Et vous, quelle force souhaitez-vous puiser de la sagesse de l’Univers ?

Je vous invite à réfléchir, chers amis, à la manière dont vous souhaitez aujourd’hui vous connecter aux grandeurs du Cosmos,

Sur les pas des chamans Wu.

Avec toute mon amitié,

Charles Zhang

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