Cher(e) ami(e) du Tao,
Vos réponses à mon dernier email m’ont touché.
Vraiment.
Beaucoup d’entre vous m’ont écrit des choses comme :
« Je sais ce que je ressens, mais je n’arrive pas à trancher. »
« J’ai peur de me tromper — alors je ne fais rien. »
« Plus j’y réfléchis, moins j’y vois clair. »
« Je demande des avis autour de moi, et je repars encore plus perdu(e) qu’avant. »
Si vous vous reconnaissez là-dedans, sachez une chose : ce n’est pas un manque de lucidité.
C’est presque le contraire.
Vous voyez trop de choses.
Trop d’angles,
Trop de conséquences,
Trop de « et si ».
Et plus vous y réfléchissez, plus le brouillard s’épaissit.
Ce n’est pas que vous ne savez pas réfléchir.
C’est que pour certaines décisions — les vraies, celles qui comptent — réfléchir ne suffit pas.
Ce que des penseurs chinois avaient compris il y a 3 000 ans
Et si je vous dis ça, ce n’est pas pour enfoncer le clou.
C’est parce que ce constat, aussi vieux soit-il, a une suite.
Il y a plus de 3 000 ans, des penseurs chinois ont observé exactement la même chose.
Ils ont vu que face aux choix qui comptent vraiment, le raisonnement seul tourne en boucle.
Que la logique est un outil formidable — pour les questions simples.
Mais que les grandes décisions de la vie ne sont pas des équations à résoudre.
Alors ils ont élaboré autre chose.
Pas une croyance.
Pas une religion.
Pas une méthode pour « prédire l’avenir ».
Un système.
Précis.
Structuré.
Rigoureux.
Un outil pour voir clair dans une situation précise — avec ces enjeux-là, ce timing-là.
Et surtout comprendre comment se positionner.
Ils l’ont appelé le Yi Jing. Le « Classique des Changements ».

C’est le plus ancien texte de la civilisation chinoise.
Plus ancien que Confucius ou Lao Tseu.
Et pendant trente siècles, il a été le livre de chevet des stratèges, des empereurs, des médecins et des sages.
En Occident, Carl Gustav Jung — psychiatre, fondateur de la psychologie analytique, l’un des esprits les plus influents du XXe siècle — l’a utilisé pendant des décennies.

Il le considérait comme un levier capable de compléter tout ce que la psychanalyse avait construit.
Aujourd’hui encore, des thérapeutes s’en servent quand la parole et l’analyse ne suffisent plus à débloquer une situation.
Ce n’est pas de l’ésotérisme.
C’est probablement l’outil de clarté le plus ancien — et le plus sous-estimé — de l’histoire humaine.
L’enseignement qui a tout changé pour moi
Fabrice transmet le Yi Jing taoïste dans la lignée Wujimen — 13 générations de transmission directe, de maître à élève.
Ce qu’il enseigne n’est pas dans les livres.
C’est un savoir oral, transmis à huis clos pendant des siècles.
Un Yi Jing différent de celui que vous trouverez où que vous cherchiez.
Et l’un des tout premiers enseignements qu’il donne à ses élèves est celui qui m’a le plus marqué.
Il tient en une phrase :
La qualité de la réponse que vous recevez dépend entièrement de la qualité de la question que vous posez.
Ça a l’air simple.
Mais en fait ca ne l’est pas du tout.
Quand on cherche à sauver quelque chose — sans se demander s’il faut le sauver
Imaginez quelqu’un dont le couple s’essouffle.
Au début, c’est subtil.
Des silences un peu plus longs.
Des conversations qui tournent en rond.
Des soirées où on est côte à côte — mais pas vraiment ensemble.
Alors on cherche.
« Comment mieux communiquer ?
Comment retrouver ce qu’on avait ?
Comment éviter que ça se brise ? »
On essaie les discussions.
Les efforts.
Les compromis.
On lit des articles, on se remet en question, on s’accroche.
Et rien ne bouge vraiment.
Parce que la question qu’on n’a jamais osé se poser — celle qui attend en silence depuis des semaines, peut-être des mois — c’est :
« Est-ce que cette relation est encore juste pour moi ? »
On cherchait la solution.
On n’avait jamais questionné le problème.
Et ce n’est pas qu’une question de couple
Vous vous reconnaissez ?
Normal.
On fait tous la même chose — pas seulement en amour.
À chaque carrefour de la vie, le réflexe est le même.
On se demande « comment ».
Comment faire, comment s’en sortir, comment ne pas se tromper.
Rarement « est-ce que ».
Est-ce que c’est juste pour moi ?
Est-ce que je vais dans la bonne direction ?
Est-ce que ce choix me ressemble ?
Essayez — ça prend 30 secondes
Prenez la décision qui vous occupe en ce moment.
Celle qui tourne en boucle depuis des jours, des semaines, peut-être des mois.
Écoutez la question que vous vous posez.
Il y a de fortes chances qu’elle commence par « comment ».
Maintenant, reformulez-la.
Passez du « comment » au « est-ce que ».
Et observez ce qui se passe.
Pas seulement dans votre tête.
Dans votre corps.
Dans votre ventre.
La bonne question, on la reconnaît aussi à ça : elle apaise quelque chose en nous, même quand la réponse n’est pas encore là.
Et le Yi Jing dans tout ça ?
Ce que je viens de vous partager, c’est un principe.
Puissant — mais un principe.
Le Yi Jing, lui, va beaucoup plus loin.
Il ne vous aide pas seulement à poser la bonne question.
Il vous donne une réponse.
Précise.
Structurée.
Adaptée à votre situation, à votre moment.
Quand j’ai vu Fabrice lire un hexagramme pour la première fois — avec la même attention qu’un médecin qui lit un examen — j’ai compris que ce n’avait rien à voir avec ce que j’imaginais.
Mais on en reparlera.
En attendant — essayez l’exercice.
Reformulez votre question.
Voyez ce que ça déplace en vous.
Et si le cœur vous en dit, répondez-moi en commentaire pour me raconter.
Je lis tout.
À très vite,
Charles Zhang
